Ce CSA se tient quelques jours après le 1er mai : le message des milliers de personnes dans la rue a été clair. Elles ont rappelé avec force leur attachement à ce jour férié et chômé, acquis des luttes sociales et qui n’a pas à être sacrifié sur l’autel des manœuvres politiciennes de certains aspirants à l’élection présidentielle de 2027. Avant cette échéance qui monopolise l’attention politique et médiatique, la FSU tient à rappeler qu’il y a une année 2026 et près de 12 mois pendant lesquels les urgences des agent·es de l’Éducation nationale ne peuvent être mises sous le tapis. Il n’est pas question d’enjamber l’année 2026 sans traiter l’urgence salariale par des mesures significatives de revalorisation.
A l’heure où Total vient d’annoncer des bénéfices de 5,4 milliards d’euros au premier trimestre grâce à l’augmentation du prix du baril provoquée par la guerre au Moyen-Orient, nous dénonçons l’absence de réponse à nos demandes de mesures d’urgence pour les salaires des personnels. Les semaines passent, nos collègues voient le prix du carburant peser toujours plus lourd sur leur quotidien, les obligeant à faire des choix budgétaires douloureux… et le ministre de la Fonction publique n’a rien trouvé de mieux que de proposer un travail sur les salaires pour l’après 2027.
Quant au ministre de l’Éducation nationale, il reste étonnamment silencieux sur le sujet, préférant disserter sur l’heure de début de cours des collégien∙nes et des lycéen∙nes.
La FSU rappelle ses exigences : le dégel du point d’indice, l’augmentation de l’ISSR (remplacement), des frais de déplacement, le plafonnement des prix du carburant de manière temporaire et le début de négociations sur les salaires et les carrières. Nous alertons aussi sur l’organisation des examens dans ce contexte. Des convocations lointaines, sur plusieurs jours consécutifs, vont peser lourd et heurter les collègues dans un contexte d’augmentation du prix de l’essence et de réchauffement climatique. Un travail fin dans les convocations doit être fait par les DEC et des mesures rapides doivent être prises sur l’augmentation des frais de déplacement et de transport.
Le premier ministre a annoncé des coupes budgétaires de 4 milliards d’euros pour le budget de l’Etat pour 2026. Qu’en sera-t-il pour l’Education nationale ? Par ailleurs, au-delà des urgences salariales pour les prochains mois et les prochaines années, la FSU rappelle que la baisse démographique ne doit pas être un prétexte pour programmer des suppressions d’emplois qui ne feraient que dégrader encore le service public d’Éducation. Le travail initié par le ministre ne doit pas conduire à répondre à la question « par combien de suppressions d’emplois accompagner la baisse du nombre d’élèves ? » mais bien « comment améliorer l’état de l’École publique et la situation des personnels dans un contexte de baisse démographique ? ». De plus, l’expérimentation annoncée dans les 18 départements, ne doit pas conduire à une forme de décentralisation et déconcentration accrue de la politique éducative. La FSU souhaite que l’Education reste nationale. La réflexion engagée ne doit pas non plus se traduire par l’éloignement des familles de l’École, sans garantie du maintien d’un service public de proximité répondant aux enjeux actuels.
Toujours au rayon budgétaire, de nombreuses académies nous signalent le blocage depuis plusieurs mois de toutes les discussions sur une grille salariale pour les AED ou pour la mobilité des AED, y compris dans des académies où le travail avait quasiment abouti, après des échanges avec les organisations syndicales. La raison invoquée : une consigne ministérielle qui serait liée à la situation budgétaire. Qu’en est-il exactement ? La situation explosive dans les vies scolaires implique des réponses fortes en matière de rémunération et de conditions de travail.
La réflexion engagée ne doit pas non plus se traduire par l’éloignement des familles de l’École, sans garantie du maintien d’un service public de proximité répondant aux enjeux actuels. La FSU y veillera.
Au cours de ce CSAMEN, il va également être question du bilan des Lignes Directrices de Gestion Stratégiques 2025. Ces LDGS ont notamment pour fonction de définir la stratégie de la gestion prévisionnelle des emplois et compétences. Il ne nous semble pas inutile de le rappeler tant le bilan proposé est indigent, alors même que le contexte de forts départs en retraite des personnels, de sous qualification de bon nombre d’emplois dans les filières administrative et ITRF et de baisse démographique des élèves invitent à avoir une programmation réfléchie des emplois. Par ailleurs, en développant l’automatisation, la robotisation, l’usage de l’IA dans la gestion des carrières, ces LDGS confirment qu’elles sont d’abord là pour servir les objectifs managériaux de la loi TFP : recul statutaire et casse de pratiques et procédures de gestion collective et respectueuse de l’égalité de traitement. La FSU réaffirme son exigence d’abrogation de la loi TFP et le rétablissement des compétences des CAP.
L’autre point à l’ordre du jour est le PNF or l’orientation générale du PNF est problématique : c’est l’axe managérial qui est le plus fourni ! Finalement, le PNF est un très bon reflet des priorités déconnectées des urgences et attentes des personnels : on retrouve ainsi une grande partie des lubies des derniers ministres mais très peu de formations de fond qui répondraient aux demandes des personnels et permettraient à tous les personnels d’exercer leur métier avec recul et clarté et de pouvoir faire des choix pédagogiques éclairés.
Ce CSAMEN, c’est aussi l’occasion de vous alerter une nouvelle fois sur la dégradation des conditions de travail des personnels remplaçants.
Dans le premier degré, la gestion des agentes et agents dont la mission de remplacement est caractérisée par une mobilité constante nécessitant des capacités d’adaptation accrue est en pleine évolution. Cela n’arrangera pas le système qui souffre d’une pénurie de remplaçant∙es et qui, par la déspécialisation annoncée, risque d’accroître la dégradation de leurs conditions de travail. Une pétition lancée par la FSU au sujet de la dégradation du remplacement dans le premier degré a récolté plus de 21 000 signatures en quelques jours. Cela montre bien que ce sujet est au cœur des préoccupations de tous les personnels.
Dans le second degré, la dernière étude de la DEPP montre que la part des heures non assurés en collège est en augmentation (+0,7 point par rapport à l’année précédente). Si cette hausse s’explique d’abord par l’augmentation de la part d’établissements fermés ponctuellement, il reste 7,5% d’heures qui ont été perdues à cause du non-remplacement des enseignant∙es absent∙es. La preuve, une de plus, que le remplacement ne s’improvise pas, ne se bricole pas, mais s’assure, dans le cadre de la continuité du service public, par des personnels formés, ce qui suppose de reconstituer les viviers de TZR, grâce à des emplois et recrutements supplémentaires. Et puisqu’il est question de remplacement, même si le pacte enseignant s’ajoute aux étoiles filantes de la politique éducative macroniste (comme les uniformes), la FSU réitère sa demande d’une nouvelle réunion de bilan du pacte.
Nous alertons également sur les suppressions d’emplois qui pèsent lourd sur la mobilités des personnels. Dans le premier degré, ces suppressions ajoutées aux postes réservés pour les stagiaires, c’est tout le mouvement intra départemental qui est bloqué. C’est particulièrement le cas dans les départements ruraux comme l’Orne. Les personnels se retrouvent privés de toute perspective de mobilité. Dans le second degré, les suppressions d’emplois bloquent le mouvement inter, et au niveau académiques, elles entrainent une augmentation des postes à complément de service, dégradant les conditions d’exercice des collègues et donc d’apprentissage des élèves. Les créations d’emplois sont nécessaires aussi parce qu’elles permettent aux personnels d’exercer leur mobilité.
Quelques mots sur les AESH : le premier GT est enfin programmé le 20 mai (seulement !). Le retard pris et les différentes annonces faites par le ministre ne sont pas là pour nous rassurer. Nous réitérons notre demande d’avoir une vision d’ensemble sur les discussions AESH a minima jusqu’à la fin de l’année scolaire : 2ème date et articulation des ordres du jour des deux réunions.
La situation de l’académie de Rennes nous pose aussi question dans ces circonstances. La rumeur court que les AESH référent∙es deviendraient des gestionnaires des affectations des AESH, des PAS, en plus de leurs missions actuelles, mais sans augmentation du temps de travail. Nous vous rappelons que la priorité est bien de créer un statut pour toutes les AESH et non pas de bricoler une solution qui n’en serait pas une.
Une nouvelle fois, un élève est décédé dans le cadre d’un stage en entreprise. La FSU adresse toutes ses pensées à sa famille et à ses amis. Les ministres de l’Education nationale s’entêtent à promouvoir les séquences d’observation pour les collégien·nes et lycéen·nes alors que ces « stages » sont inégalitaires et dangereux. Les « séquences d’observation en milieu professionnel » dits « stages troisième et seconde » doivent en effet servir à peu près à tout : orientation, connaissance du monde du travail, vertus émancipatrices et inclusives, promotion du métier enseignant, promotion de l’armée, etc.
Derrière l’affichage pseudo-pédagogique, ce sont en réalité les choix du patronat qui s’imposent, à l’image de la convention signé par le ministère avec le MEDEF le 14 avril dernier qui ignore totalement l’enjeu de la sécurité des élèves, comme si les entreprises étaient exonérées de toute responsabilité en la matière. Ce n’est pas l’intérêt des jeunes qui guide le développement de immersions en entreprise. La FSU demande la suppression des stages d’observation en 3e et seconde générale et technologique.
Pour la FSU, l’entreprise n’est pas formatrice, la sécurité des jeunes passe impérativement par le cadre protecteur de l’école.
SEINE-MARITIME
